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c'est ça ou regarder ses pieds

Dimanche 24 juillet 7 24 /07 /Juil 18:05

J'hésitais d'abord avec Transformers 3 (quand je vais au Gaumont, j'aime bien que les choses soient clinquantes). Seuls la perspective de payer une troisième paire de lunettes 3D et les 3 heures du chef d'œuvre m'ont poussé par dépit vers 'le Moine'.

C'est dire comme j'en attendais beaucoup.

 

http://www.filmscine.com/wp-content/thumbnails/5216.jpgAdapté d'un roman culte du romantisme noir qu'apparemment tout le monde connaissait sauf moi, le moine, raconté en quelques mots, donne furieusement envie de voir l'intégrale de Transformer. Je vous livre le topo en quelques mots-bornes en vrac: Dieu, sexe, inceste, mal,  magie, ascèse, matricide, pureté, sang, fanatisme, damnation...

Oui, ça peut faire peur.

Entre l'exubérance forcenée de par exemple les Diables (dans le genre, c'est formidable, mais pas sûr que ça mérite une redite) et la sobriété tout aussi déraisonnable d'un disons Bresson (histoire d'enfoncer les portes ouvertes et de me la péter un peu, parce que bon, entre un transformer version dessin animé (si tu est né dans les années 70-80, lecteur, tu vois de quoi je parle) et disons 'Mouchette', pas sûr que j'opte à coup sûr pour Bébert), pas facile de trouver sa place. Et pourtant Moll réussit. Jouant des coudes entre fantasmagorie et le prêche, ce 'Moine' s'en sorten devenant un conte amoral. Car le parti pris de Moll n'est pas 'l'histoire', mais son potentiel en termes d'esthétique. Ainsi bien sûr, l'image est soignée, jamais grandiloquente, mais  'surexpressive' (paysage, scène de foule dans l'Eglise). Mais ça ne suffit pas. Et ça, Moll le sait. Et comme c'est un petit malin qui sait qu'il s'est lancé un sacré défi, il est obligé de trouver un truc. Ce seront les appels du pieds plus ou moins appuyés à une tradition du cinéma surréaliste (surexposition, superposition, utilisation des fondus, importance du masque, rêves, apparitions..), qui permettent justifier tous les excès, mais aussi à donner une consistance et une dimension universelle à un film normalement condamné au grandguignolesque.

merde, j'ai pontifié...

 

Le Moine, un exercice de style gothique plutôt réussi de Dominik Moll.

 

 

Ps1: Pas parlé de Cassel, un peu le maillon faible du film, mais bon... les actrice sont très bien. Qui est cette charmante Joséphine Japy (qui en fait peut être un peu trop, mais bon..)

Ps2: je renonce à trouver un titre original au billet. suis à la bourre, ce soir y'a Barry Lyndon au cinoche..

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Par yoye2000 - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 29 mars 2 29 /03 /Mars 21:09

Crash, de David Cronenberg, pose un certain nombre de questions - esthétiques et, n'ayons pas peur des mots,  philosophiques- primordiales.

- La provocation est-elle un sujet en soi ?

- Peut-on conduire tout en faisant sa paperasse ?

- Peut-on complètement s'affranchir des contraintes de l'histoire et se contenter de ressasser les mêmes thèmes sans pour autant trouver sa place au panthéon des couillonades expérimentales?http://1.bp.blogspot.com/-q-9ql8LaO3E/TWvAy2akr_I/AAAAAAAAABk/2878BS6HUck/s1600/crash-talking.jpg

- Doit-on, dès que l'on est au volant,  carresser vigoureusement l'entrejambe de son/sa passager(e) ?

- Est on toujours condamner à échouer à retranscrire  'l'ambiance' d'un roman ?

- Un film ayant la subtilité d'un tracto pelle peut-il obtenir un succès critique?

- Tout ce qui était reconnu comme puissant puissant et audacieux quelques années auparavant est-il condamné à paraitre après coup totalement ringard, un peu comme le papier-peint défraîchi chez tatie Janine?

- Eros Thanatos gningningnin.. Certes, mais encore ?

- Comment un cinéaste reconnu, un poil surévalué certes (Existenz, An history of violence...) mais ayant néanmoins à son actif un certain nombre de réussites (Spider, Faux-semblant..) peut il s'embourber à ce point dans son sujet?

- Doit on regarder jusqu'à la fin un film qui vous laisse au mieux totalement indifférent rien que pour faire un critique incendiaire et universelle ignorée dans un blogue tout aussi universellement ignoré?

 

- ...Ou suis-je décidément un vieux con ?

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Par yoye2000 - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 10 mars 4 10 /03 /Mars 13:25

Un peu après tout le monde, une dernière couche sur Black Swan.

A vrai dire, ce film est un petit miracle.

Malgré tous ces manièrismes (tous ces gros plans, ces caméras à l'épaule, ces coupes à la hache, tous les effets tout choupinous qui soulignent bien bien et surtout beaucoup beaucoup le moindre propos)...

Malgré aussi son image dégueulasse (ou c'était juste ma copie qui faisait penser à reportage de M6 en caméra caché dans Capital?) et son montage parfois tout aussi infect...

Malgré son symbolisme à 0,30 Euroboules : blanc/noir (note: bien rappeler à Aronfski, la prochaine fois qu'un de vous le voit, qu'il a oublié de nous faire un ou deux plans bien sentis sur un jeu d'échec), le miroir, etc....

Malgré aussi ses grosses ficelles -hardi hardi Natalie sur le tripotage ! c'est bon pour l'oscar, ça- sans compter la petite scène saphique, enfin bon bref, pas de quoi s'attarder.

Malgré Natalie Portman -Je ne suis pas sûr que tout soit imputable au personnage-, un peu pénible tout de même dans son registre d'ectoplasme en tutu.

Malgré surtout cette  métronomique alternance tension/détente: Pas le temps de se poser, houla regardez là tout de suite y'a un nouveau truc qui fait peur... De suspense, point...Ni même de surprise ! Après s'être un peu fait avoir au début on apprend vite à aller  dans le sens des contre-pieds systématiques, qui, fatalement déçoivent.

 

Malgré cette liste non exhaustive de griefs , black Swan est un film digne d'attention. Pourquoi? peut être parce qu'en dépit de toutes les réticences objectives, on se prend, plus ou moins inconsciemment, au jeu de la caméra subjective, et on passe outre, on comprend même, les kitcheries plus ou moins morbides de la mise en scène. 

Et surtout, Black Swan est d'abord un film assez gonflé. Et ça, par les temps qui courent, c'est en soi assez remarquable.

 

Black Swan, un film de Darren Arenofsky, dont on ne sait pas trop quoi penser, mais qui en tout cas ne laisse par indifférent,  même si on se demande avec perplexité ce qu'il aurait pu donner s'il avait été réalisé par un autre....

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Par yoye2000 - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 4 mars 5 04 /03 /Mars 15:50

De quoi?
Ben, l'Exorciste :

"Un film d'épouvante américain réalisé par William Friedkin sorti en 1973. Le film narre la possession d'une jeune fille par un démon. Inspiré d'une histoire vraie, ce film est dans la lignée de Rosemary's Baby qui a pour thème un enfant démoniaque.

L'Exorciste est considéré comme un classique du cinéma, et l'American Film Institute l'a classé 3e meilleur thriller derrière Psychose et Les Dents de la Mer."

-dixit wikipedia-

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTAmapvBS14TyfngiYzDfao6f6YmIYBz19_ZU6d3GLuLBae_fdT

    Chez les jeunes filles, la puberté fait parfois des ravages...

Une légende. La mère de tous les films qui foutent les j'tons.

 

Et alors ?  ça fout les j'tons?

Ben euh non, pas vraiment.
Pas beaucoup plus que Rosemary's Baby cité plus haut, et un peu pour les mêmes raisons. C'est que voyez-vous, le film est sérieusement daté.
Et je parle ici moins des effets spéciaux que de la dramaturgie.
On est formaté par le cahier des charges hollywoodien en forme de montagnes russes (pics dramatiques suivis de brutales baisses de tension, de plus en plus hauts et serrés, le tout s'achevant brutalement par un retournement final qui annonce -si le nombre d'entrées dans les salles a été satisfaisant- un prochain tour dans 2-3 ans...). Or, l'exorcise est plutôt en forme de plateau: ça monte dur au début pour continuer sur du plat, un peu accidenté de surcroît et se prêtant guère à la marche.
Du coup, il peine à tenir en haleine. 

Donc en gros, ça vaut rien ?

On ne peut pas dire ça non plus. D'un point de vue cinoche, c'est un peu court, c'est un fait.  Mais il n'en est pas moins digne d'intérêt, ne serait-ce que sa toujours jouissive volonté de transgressivité outrancière ou son (vague) côté témoignage d'époque (guerre du Vietnam, crise qui s'annonce, désenchantement global, etc, etc... Les utopies du power flowers ont séché depuis longtemps et décorent désormais les tombes... (ça, ça fout les j'tons, par contre,  non?).
Bon, après, l'aspect religieux et moral du truc est un rien pesant.....

 

"Religieux", "moral", l'exorciste?!!

Ben oui, paradoxalement, il y a un gros côté métaphysico-religieux un peu fait à la truelle (bien contre le mal, morale contre sauvagerie...) et tout un décorum mystique pompier plombent un peu les choses. Bien sûr, pas d'exorciste sans tout ça. Mais c'est justement quand il se débarrasse de toutes ces vaines dorures qu'il prend tout son sens. 

 

Ah tiens? Vous pouvez préciser?

Euh comment dire... pas facile... A vrai dire c'est surtout que, malgré tout, le film refuse prendre position et donc de se perdre dans des explications s'annonçant fumeuses. il est sauvé par cette part d'ombre qui demeure son principal intérêt -et la principale source de frustration. (mais comment diable le petit être charmant choppe le démon? en échangeant des cartes Pokemon? En profanant un cimetière indien? en mangeant trop de chocolat? on ne sait pas. Pas plus qu'on ne comprend les desseins Démon, si ce n'est peut être se venger de l'humanité qui lui a donné un nom de Pokemon, justement (Pazuzu (le même qui traîne dans Adèle Blanc-Sec))...

 

bon bref... Et la musique alors, ça, ça fout les j'tons?

Ça oui. Mais on l'entend à peine...

 

L'exorciste, un film américain de 1973 qui vaut plus quand on l'intellectualise un peu que quand on le regarde en se fiant à sa réputation.

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Par yoye2000 - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 30 décembre 4 30 /12 /Déc 14:50

Pour le dernier film de l’année, j’aurais pu causer du plutôt réussi ‘mardi, après noël’ ou m’agacer sur ‘another year’.

Mais non.

A la place, ça sera ‘Octubre’, un film péruvien confidentiel sorti apparemment dans une dizaine de salles en France. Parmi elles, le Katorza, devant lequel, donc,  je me trouvais vers 18h50 hier, cherchant un film. Rétrospectivement, je me dis que j'aurais dû tenir compte des signes subliminaux que m’envoyait la (charmante) jeune fille derrière la caisse

- « bonjour, une place pour le film de 19h… qui s’appelle euh…euh… » 

 - « Vous en avez deux : « faites le mur » ou le film péruvien »  

- « Oui, oui c’est ça, le péruvien ! »

- «  Vous êtes sûr ? » (avec un haussement de sourcils bref mais appuyé, et un petit sourire dont je ne comprends que maintenant tout le sens)

http://images.commeaucinema.com/news/208_181571.jpg

Bref. Que dire de ce ‘Octubre’ ? ?

C’est que depuis j’ai lu deux critiques plutôt favorables (notamment dans mon bulletin d’apprentis vieux con de gauche où le petit bonhomme sourit franchement), et que,t que franchement, ben.. Je ne les comprends pas…

J’ai lu’  ‘caustique’, ‘délicatesse’, ‘cocasse’… là où  je n’ai vu que de l’ennui non dilué. On ne comprend pas l’enjeu, ni  les personnages,  et encore moins l’absence de parti pris de mise en scène  qui aurait donné de la consistance à tout ça. En se concentrant un peu, on peut imaginer les concepts qui sous tendent ce semi-documentaire animalier : malgré la fatalité, l’aliénation du quotidien, la fossilisation des sentiments, gningningnin… la poésie, quelle que soit sa forme, divine, grotesque, absurde, humaine au fond, reprend ses droits.

(ou quelque chose dans ce style).

 

Mais ça, c’est si on fait des efforts.

 

Parce qu’autrement, ben, on s’emmerde dru.

Que ça soit sans queue ni tête est sans importance. Bienvenu même. Ce qui est le plus gênant, c’est qu’il n’y ait rien entre les deux extrémités.

 

 

Octubre, un film péruvien de Daniel et Diego Vega-Vidal, qui conforte dans l’idée que 19h, c’est bien l’heure pour l’apéro et pas celui pour aller au cinéma.

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Par yoye2000 - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 21 octobre 4 21 /10 /Oct 21:44

David Fincher a fait des films qui, sans être sensationnels, valaient le détour (Seven, Zodiac) sans compter Fight club ou Social Network, que je n'ai pas vus mais dont on dit grand bien. Bref, si l'on fait abstraction du terne Benjamin Button, David Fincher est plutôt un cinéaste intéressant.

Il l'est encore plus quand on songe que son premier long métrage était Alien3.

 

Pas facile. Après 2 passages, l’affreux buveur de Pepsi de l’espace commence à avoir du mal à surprendre. Sans compter que Gros Balourd Cameron l'on passablement émoussé lors du calamiteux "Aliens (le ‘2’, donc)".

 

Du coup Fincher ne mollit pas. Il fait table rase de son pénible prédécesseur, zigouille d'entrée tous les survivants, et ne garde -on a beau être ambitieux, on ne peut pas tout se permettre- que Ripley et la bestiole. Symboliquement aussi, il profite d'une des plus grandes problématiques esthétiques du film (la coiffure de Weaver) pour révéler véritablement le personnage de Ripley rasée, devenu iconique à partir de cet épisode.

 

http://satoorn.fr/wp-content/uploads/2010/08/alien-3-ripleys-face1.jpgParallèlement, il réussit à créer un véritable univers au sein d'une fonderie-prison (!) teintée de 'au nom de la rose' (! (derechef)) où des prisonniers-exilés se perdent dans une foi de fer. Ceci a pour principal mérite d'empêcher l'alien de se bouffer lui-même, tout en insufflant une complexité et une ironie salvatrices. Attention, c'est pas non plus super sophistiqué ; on donne plutôt dans la grosse ficelle, pas désagréable ceci-dit, quitte à être frustré que les pistes qui avaient été dégagées (religion, histoire des prisonniers..) n’aient pas été assez exploitées. Car en définitive, Fincher finit par bifurquer sur la voie express habituelle ("ouh le méchant Alien va tous nous buter, il faut vite faire quelque chose mais quoi...?")

 

Malgré cela, il parvient à faire l’impossible : il transgresse le tabou suprême et fait mourir son héroïne. Ambitieux, Fincher, je vous dis.

Il signe là la version définitive, et peut-être la plus réussie. Qu’Alien resurection continue un peu pataudement sur la même voie déjà tracée n’y change par grand chose.

 

 

Alien3, de David Fincher. Un film dont on se demande si ce n'est pas le meilleur de la série.

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Par yoye2000 - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 15 septembre 3 15 /09 /Sep 21:29

La grande réussite de Ridley Scott était d'avoir fait d'Alien (le huitième passager) un film  se prêtant fort bien aux interprétations vaguement psychanalytiques en jouant sur des oppositions claires (humanité / brutalité, société/solitude...), ce qui lui conférait notamment une vague dimension mythique intemporelle.

http://www.dvd-science-fiction.com/upload/alien2.jpgMis entre les gros doigts boudinés et gauches de James Cameron, cet alien (enfin en l'occurrence, "ces aliens") là est par contre profondément marqué par son époque ("Aliens, Le retour", ça ne fleure pas bon les années 80, ce titre ?), au risque de gros contresens et d'irratrapables maladresses : Rambo est à la mode, faisons donc un barbouzerie spaciale. Avec des marines, des grosses armes et la castagne; Ah ouais ! Pis en face, ben on va mettre des tas de viets, afgans, russes aliens en conséquence. L'intrus qui était chez Scott avant tout une inquiétante créature de l'ombre est ici photocopié à 10, 100, 1000 exemplaires.... ce qui la/les rend à peu près aussi impressionnants qu'une armée de soldats de plomb.

Quant à Ripley, elle s'est endormie en 2122, elle se réveille... ben en femme des années 80 (comme dit le poète :"Une maîtresse Messaline Et contremaîtresse à l'usine, Faire le matin les abattoirs Et dans la soirée le trottoir")*. Dure, puissante, un peu androgyne peut être, mais tellement maternelle quand il s'agit de prendre en charge une petite fille.
On est sous Reagan, tout le monde à sa place, rien qui ne sorte de l'ordre des choses.
Plus intéressant, et probablement plus encore conditionné par l'époque, le motif récurrent d'une "compagny" avide mue par le suprême intérêt de l'appât du gain, quels que soient la potentielle gravité des conséquences (hautement fantasmatique, toute ressemblance avec des sociétés existant ou ayant existé etc, etc....)

 

A part ça, non vraiment, rien à gratter.

"Aliens (le retour)" de James Cameron, ou comment tourner un mythe en navet...

 

 

* Ps : au départ, je ne voulais pas.... Enfin, j'hésitais. Du coup j'ai fait un petit coup de gougle. Et ce n'est pas sur femme des années 80, mais femmes des années 2010 sur lequel je suis tombé. Le vieux con a remis ça ! et ça, ça fout autrement plus les j'tons qu'un tas d'Aliens affamés : 

http://www.youtube.com/watch?v=EF-JfYFaC7I

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Par yoye2000 - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 13 septembre 1 13 /09 /Sep 19:56

Poésie (pourquoi 'Poetry' ??)  est un très beau film.

Très très beau.

Tout en retenue et légèreté.

Tout…

 

A vrai dire, ce qui frappe avant tout, c’est que, plus qu’une œuvre en tant que telle, Poésie est d’abord un exploit : Car si on pose les choses froidement, on a un peu l’impression de lire une parodie des Inconnus : « une vieille dame (digne) se tue à élever seule un petit-fils (ingrat). Celui-ci occupe ses soirées à regarder la télé ou à violer des filles qui se suicident ensuite. Pour joindre les deux bouts, elle n’a d’autre choix que travailler comme aide-soignante auprès d'un vieux hémiplégique avec lequel elle finit par coucher, histoire de.., Dans ce contexte sombre, une seule lumière, un seul tourment aussi : parvenir à écrire un poème (ben ouais). Difficile quand on se découvre atteinte de la maladie d'Alzheimer » (j’allais oublier).

V'la le pitch !

L’exploit est donc sur une telle base, de ne pas avoir fait un affreux navet larmoyant sur cette base. Au contraire, c’est même plutôt réussi. On marche.

http://www.commeaucinema.com/images/galerie/big/150294_dbd5fe12bccdc5809eb7c3e30aea485b.jpgMais à force de jouer les funambules 100m au dessus du sordide, on admire plus la performance qu’on est sensible à… la poésie. Ce sentiment que tout est -subtilement, subtilement, bien sûr…- suggéré, mis en lumière, surligné peut s'avérer un peu pénible.
Par exemple,  une forme se dessine sur le fleuve qui coule serein sur le plan d'introduction. On s’en doute, c’est un cadavre. Pourtant, on ne distingue véritablement sa forme qu'au moment où apparaît le titre du film ("Poésie" donc…). Tu as compris lecteur le décalage "poésie"/ cadavre hein hein… ? Fortiche !
Autre séquence : la vieille dame, juste avant de se faire diagnostiquer sa maladie, bavasse un peu avec son docteur à propos du bouquet de fleur au bord de la fenêtre de la clinique. Elle parle, évoque langage des fleurs, l'autre la relance, la fait continuer, pour finir par lui dire que les fleurs sont en plastique...  
Tout est un peu sur le même format, jamais gratuit, toujours destiné à montrer quelque chose. Un coup de téléphone vient toujours interrompre un moment de grâce. Quand la vieille dame parle, personne ne l’écoute. Dans les villes comme dans la vie, on est bien seule, et la poésie une fleur bien malingre et rare.  (Violons ! (l'instrument au pluriel)).

Donc bref, c’est très beau

Très très beau.

Très.

Tout en légerété.

Tout.

 

Poésie, un film sud-coréen qui à force de légereté un peu lourde finit par être un peu vain  (tout en restant toujours aussi beau).

 

Ps : Qui est interessé par une réponse à la question du titre est invité à voir le film...

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Jeudi 2 septembre 4 02 /09 /Sep 21:50

L'autre jour que j'étais un peu ivre (ça arrive à tout le monde), j'ai ressorti le DVD d'Alien acheté il y a plusieurs années chez Mouloud et qui prenait depuis gentillement la poussière sur mon Benno vert bidasse.
Qu'est ce qui m'a pris, je ne saurai le dire. N'est-ce pas là le propre du vent fol de l'alcool que de nous pousser vers des havres inconnus ? (poil au cul).

 

Bref, que dire sur ce bon vieux Alien ?

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/35/14/60/18363837.jpgBen d'abord et surtout, qu'il porte bien ses 31 ans. Pas ou ride ou presque (il n'y a guère que le brushing du Sigourney Weaver et le fait que tout le monde clope comme dans un film de Sautet qui ne fassent plus follement film d'anticipation).

Le reste tient la route. Et bien mieux encore que le boquebustaire moyen de la fin des années 2000 ! Et ceci -à mon avis- dû paradoxalement au manque de moyens : à la fin des années 70, les ordinateurs, c'était même pas des Atari. Moins facile pour les effets spéciaux. Autant dire qu'on ne pouvait pas se permettre de faire sauter quatre planètes en guise de générique. Tout était fait avec les petits doigts de gentils petits techniciens. Du coup, on y allait mollo. Ça coûtait.
C'est pourquoi le temps d'installation du film extrêmement long (1 heure avant que la bestiole pointe son nez).

Il faut bien meubler.

Et la tension monte
-ou est-ce l'effet de cette seconde binouze ouverte alors que l'on aperçoit le huitième passager ?-

Furtivement.

Car pour la raison mentionnée plus haut, on le voit très peu, on le devine... Il est là, terriblement efficace.

Pensez donc ! Une créature anthropomorphique, de taille humaine presque, mais totalement nihiliste, guidée par son seul instinct de destruction. Un monstre aveugle où, pour tout dire, l'absence d'yeux interdit d'y voir le moindre sentiment de pitié ou même de cruauté. 

Ça en jette.

 

A part ça, le scénario un peu crétin de rigueur (tout le monde va de son côté afin d'être sûr de bien se faire zigouiller à intervalle régulier) et l'inévitable rebondissement final méritent à peine d'être mentionnés. Du moins ne gâchent-ils pas la sauce.

C'est déjà ça.

 

Du coup, on reste jusqu'à la fin.

Content.

 

Alien, le huitième passager, un film de 1979 de Ridley Scott au cours duquel on peut allégrement siffler quatre bières sans trop sans rendre compte.

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Par yoye2000 - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 25 août 3 25 /08 /Août 19:22

Sommes-nous égaux devant les rêves ?

A vrai dire, je n'en sais rien, et ne me risquerais pas à d'oiseuses considérations freudiennes (on en évoquera cependant un peu plus tard), a fortiori au moment où le vieux Sigmund n'est pas super à la mode.

Il me semble pourtant pouvoir dire -sans vouloir exagérer outre-mesure la qualité de ma vie onirique- que mes rêves, si foireux peuvent-ils être parfois, ont un peu plus d'intérêt que ceux de Christopher Nolan.

Les rêves de Christopher Nolan ressemblent effroyablement à la réalité (enfin, je veux dire celle d'un bockbuster de base) et font boum-boum.

A part ça, rien.

La puissance d'imagination d'un MO-5.

Pas plus.

Tu l'as compris lecteur, on parle ici d'"Inception", fort bien placé pour recevoir le Yoye d'or du naveton 2010.

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/72/34/14/19476654.jpg

Car on balance allégrement entre peste et choléra dans ce petit chef d'oeuvre...

. Des personnages sans imagination (le chef torturé, le petit génie, le rigolo, plus un arabe et un jap histoire de faire semblant de renouveler le genre...) incarnés par des acteurs pas inspirés (qui n'aime pas trop Di caprio pourra se rappeler pourquoi).

. Une intrigue sans intérêt (basée sur de vagues enjeux industriels n'autorisant même pas le retournement de veste final de rigueur), le tout épicé par une ou deux cuillerées de psychologie à 0,30 euroballes (rapport au père, travail de deuil, blablabla....)

. Une idée de base (pénétrer les rêves pour orienter les idées inconscientes) qui se veut tellement futée que les personnages passent leur temps à expliquer ce qu'ils font, où ils sont, ce qu'ils vont faire... alors que pourtant, tout est fléché façon GPS.
Du coup, tout ça finit donc par avoir la délicatesse de Godzilla en pleine séance de shopping à Tokyo.

. A part les scènes d'actions (imbécilement spectaculaires, ce qui constituait d'ailleurs le ventre mou de the Dark Knight, le précédent opus de Nolan, bien moins foiré), ils sont où les dollars, les chouettes les effets spéciaux ? Où est la fantaisie sauvage de l'inconscient ? Dans le genre, je n'échangerais pas ma dosette de Michel Gondry (pourtant pas toujours formidable) contre un container d'Inception... 

. et le tout en 2h30 !

Bref, autant d'idées là-dedans que de truffe dans le pâte périgourdin qu'on achète au Leclerc.

A éviter absolument, donc.

 

"Inception", un film de Christopher Nolan, dont le titre, si on le prononce avec le bon accent rime sacrément avec "grosse anarque naveuteuse", mais qui a au moins eu le mérite d'être à l'origine de la plus longue critique drôle de la planète : http://odieuxconnard.wordpress.com/2010/07/28/linception-qui-confirme-la-regle/

Publié dans : c'est ça ou regarder ses pieds
Par yoye2000 - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
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