J'hésitais d'abord avec Transformers 3 (quand je vais au Gaumont, j'aime bien que les choses soient clinquantes). Seuls la perspective de payer une troisième paire de lunettes 3D et les 3 heures du chef d'œuvre m'ont poussé par dépit vers 'le Moine'.
C'est dire comme j'en attendais beaucoup.
Adapté d'un roman culte
du romantisme noir qu'apparemment tout le monde connaissait sauf moi, le moine, raconté en quelques mots, donne furieusement envie de voir l'intégrale de Transformer. Je vous livre le topo en
quelques mots-bornes en vrac: Dieu, sexe, inceste, mal, magie, ascèse, matricide, pureté, sang, fanatisme, damnation...
Oui, ça peut faire peur.
Entre l'exubérance forcenée de par exemple les Diables (dans le genre, c'est formidable, mais pas sûr que ça mérite une redite) et la sobriété tout aussi déraisonnable d'un disons Bresson (histoire d'enfoncer les portes ouvertes et de me la péter un peu, parce que bon, entre un transformer version dessin animé (si tu est né dans les années 70-80, lecteur, tu vois de quoi je parle) et disons 'Mouchette', pas sûr que j'opte à coup sûr pour Bébert), pas facile de trouver sa place. Et pourtant Moll réussit. Jouant des coudes entre fantasmagorie et le prêche, ce 'Moine' s'en sorten devenant un conte amoral. Car le parti pris de Moll n'est pas 'l'histoire', mais son potentiel en termes d'esthétique. Ainsi bien sûr, l'image est soignée, jamais grandiloquente, mais 'surexpressive' (paysage, scène de foule dans l'Eglise). Mais ça ne suffit pas. Et ça, Moll le sait. Et comme c'est un petit malin qui sait qu'il s'est lancé un sacré défi, il est obligé de trouver un truc. Ce seront les appels du pieds plus ou moins appuyés à une tradition du cinéma surréaliste (surexposition, superposition, utilisation des fondus, importance du masque, rêves, apparitions..), qui permettent justifier tous les excès, mais aussi à donner une consistance et une dimension universelle à un film normalement condamné au grandguignolesque.
merde, j'ai pontifié...
Le Moine, un exercice de style gothique plutôt réussi de Dominik Moll.
Ps1: Pas parlé de Cassel, un peu le maillon faible du film, mais bon... les actrice sont très bien. Qui est cette charmante Joséphine Japy (qui en fait peut être un peu trop, mais bon..)
Ps2: je renonce à trouver un titre original au billet. suis à la bourre, ce soir y'a Barry Lyndon au cinoche..
Par yoye2000 - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Parallèlement, il réussit à créer un véritable univers au sein d'une fonderie-prison (!) teintée
de 'au nom de la rose' (! (derechef)) où des prisonniers-exilés se perdent dans une foi de fer. Ceci a pour principal mérite d'empêcher l'alien de se bouffer lui-même, tout en insufflant
une complexité et une ironie salvatrices. Attention, c'est pas non plus super sophistiqué ; on donne plutôt dans la grosse ficelle, pas désagréable ceci-dit, quitte à être frustré que les pistes
qui avaient été dégagées (religion, histoire des prisonniers..) n’aient pas été assez exploitées. Car en définitive, Fincher finit par bifurquer sur la voie express habituelle ("ouh le méchant
Alien va tous nous buter, il faut vite faire quelque chose mais quoi...?")
Mis entre les gros doigts
boudinés et gauches de James Cameron, cet alien (enfin en l'occurrence, "ces aliens") là est par contre profondément marqué par son époque ("Aliens, Le retour", ça ne fleure pas bon les années
80, ce titre ?), au risque de gros contresens et d'irratrapables maladresses : Rambo est à la mode, faisons donc un barbouzerie spaciale. Avec des marines, des grosses armes et la castagne; Ah
ouais ! Pis en face, ben on va mettre des tas de
Mais à force de jouer les funambules 100m au dessus du sordide, on admire
plus la performance qu’on est sensible à… la poésie. Ce sentiment que tout est -subtilement, subtilement, bien sûr…- suggéré, mis en lumière, surligné peut s'avérer un peu pénible.
Ben d'abord et surtout, qu'il porte bien ses 31 ans. Pas ou ride ou presque (il
n'y a guère que le brushing du Sigourney Weaver et le fait que tout le monde clope comme dans un film de Sautet qui ne fassent plus follement film d'anticipation).
