Si on découpe une femme en trois, il en reste combien de morceaux ?

Publié le par yoye2000

3 ou 4 ?

La question reste en suspens...

 

Les actrices françaises un peu à la marge d'une trentaine d'années  devraient toutes faire leur propre film.
Enfin , c'est ce qu'on se dit(1) après avoir vu "2 days in Paris", de Julie Delpy (dont on a causé ici), "Le bal des actrices" de Maïwenn (dont on n'a pas causé ici par pure indigence, mais qui était pourtant, dans la même veine d'autofiction ironique, plutôt réussi) et, enfin, "le quatrième morceau de la femme coupée en trois" , de Laure Marsac (*).

Le coupé en trois, c'est par exemple le film, découpé en trois parties. On y suit Louise, jeune maman qui se découvre un étrange rapport à la voiture, d'abord en apprenant à conduire, ensuite en restant "enfermée dehors" de sa voiture (clef à l'intérieur) et finalement en se rappelant une scène de voiture avec sa mère.
Trois parties, trois temps : le premier avec une suite de saynètes dessinant le temps de l'apprentissage de la conduite. Les plans sont courts, les personnages et les situations légèrement loufoques (le moniteur, l'amie). On se dit que le film va continuer sur cette veine, que les personnages vont se développer et que le film va être bâti autour d'eux.

Et non.

Le permis est vite obtenu, et Louise se retrouve un jour enfermée dehors sur un parking de grande surface. Les scènes plus longues, peu de dialogues, on n'est plus dans le temps de cinéma, mais dans celui du réel. La troisième partie, un patchwork de scènes et de dialogues dans des plans très longs autour de Louise enfant et de sa mère, se fait moins tranchée que les deux autres, comme une espèce de milieu improbable...

 

Je me rends compte que, contrairement à ce que je fais d'habitude, je viens de décrire le film, et je n'en ai pas dit grand chose.  

Disons simplement que le tryptique est étrange, mais il fonctionne bien, (on ne regrette pas une partie, et on ne se dit pas à la fin du film que "c'est dommage qu'elle n'ait pas continué sur telle ou telle voie... Cette partie était d'un chiant"), de là, peut-être, à ce que cette globalité forme un quatrième morceau, ni complètement égal, ni fondamentalement différent de la somme des parties...

"le quatrième morceau de la femme coupée en trois", un film qui sait être à part sans être pénible

* On me dira qu'elles n'ont rien à voir ensemble, que c'est un peu court de faire un sous genre cinématographique sous couvert d'analogie d'âge, de sexe, et de métier initial de leur réalisatrice respective. Et bien, je répondrai que 1.Je m'en fous 2. Je fais ce que je veux .3. Malgré tout ce qui les unis, ce n'est pas seulement le syndrome (moyennement) jeunes actrices qui ne sont pas dénuées d'idées en passant de "l'autre côté de la caméra"', c'est aussi le fait qu'elles aient su faire des films  avec un vrai ton, un propos original et une capacité à la distanciation ironique notable, ce qui suffit à faire une famille à part entière, car le cas n'est pas si fréquent que ça.

 

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Roger Pierre du 53 08/04/2010 16:28


Zzz...Zzz...Zzz...Zzz...Hein ?.. L'article est fini ?..


yoye2000 09/04/2010 20:16



Ecoutez, mon vieux, on ne peut pas non plus passer son temps à parler des Petchenègues.


Il en faut pour tous les goûts.