Mais finalement, il est où, le stade de Wimbledon ?... et d'abord, c'est quoi ?

Publié le par yoye2000

"Le stade de Wimbledon" ne se laisse pas définir simplement. Pour faire simple, c'est le récit qui n'en est pas un des déambulations d'une universitaire sur les traces d'un écrivain qui n'a jamais écrit. Une quête, donc, qui vaut pour ce qu'elle est et absolument pas pour son objet, totalement obscur.

http://mindvistas.com/FDF/img/2001_Le_Stade_de_Wimbledon.jpgC'est aussi un film dont on croit que les mots sont le centre pour s'apercevoir progressivement qu'ils ne sont qu'une lointaine périphérie : on craint un exercice très cérébral et bavard, et il s'avère d'abord un film sensuel (dans le sens : relatif aux sensations, pas dans le sens 'olé-olé'). Ceci passe notamment par le travail photo, des réflexions, des cadrages insolites, des lumières d'une ville personnage façon la Bleston de Butor, mais beaucoup plus avenante et surtout réelle : Trieste.

Car il y a très peu de Londres dans ce stade de Wimbledon, qui se passe surtout dans ce pli d'Europe, ville d'Italie et de nulle part où "on est tous un peu slaves", où "on prend les gens pour des autrichiens", dit-on dans le film, et qui devient le centre du récit à mesure que se dissolvent les motifs et objectifs de Jeanne Balibar -dont la présence, souvent synonyme de films chiants des années 90, se prête merveilleusement à la fantaisie burlesque et/ou ironique d'Amalric. Ballotée joliment entre italien et anglais, elle et son sourire mystérieux, incarnent joliment ce vague sentiment d'engourdissement et de perte de repère. Peut-être celui là même que l'on appelle le stade de Wimbledon de l'existence...(pas follement inédit comme conclusion, mais bon...)

 

Le stade de Wimbledon, un film très bien de Mathieu Amalric dont on peine pourtant à parler autrement qu'à l'aide de considérations pompeuses agrémentées de vagues références au nouveau roman.

 

http://www.abc-lefrance.com/fiches/lestadedewimbledon.pdf

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