A vous dégouter de rêver...

Publié le par yoye2000

Sommes-nous égaux devant les rêves ?

A vrai dire, je n'en sais rien, et ne me risquerais pas à d'oiseuses considérations freudiennes (on en évoquera cependant un peu plus tard), a fortiori au moment où le vieux Sigmund n'est pas super à la mode.

Il me semble pourtant pouvoir dire -sans vouloir exagérer outre-mesure la qualité de ma vie onirique- que mes rêves, si foireux peuvent-ils être parfois, ont un peu plus d'intérêt que ceux de Christopher Nolan.

Les rêves de Christopher Nolan ressemblent effroyablement à la réalité (enfin, je veux dire celle d'un bockbuster de base) et font boum-boum.

A part ça, rien.

La puissance d'imagination d'un MO-5.

Pas plus.

Tu l'as compris lecteur, on parle ici d'"Inception", fort bien placé pour recevoir le Yoye d'or du naveton 2010.

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/72/34/14/19476654.jpg

Car on balance allégrement entre peste et choléra dans ce petit chef d'oeuvre...

. Des personnages sans imagination (le chef torturé, le petit génie, le rigolo, plus un arabe et un jap histoire de faire semblant de renouveler le genre...) incarnés par des acteurs pas inspirés (qui n'aime pas trop Di caprio pourra se rappeler pourquoi).

. Une intrigue sans intérêt (basée sur de vagues enjeux industriels n'autorisant même pas le retournement de veste final de rigueur), le tout épicé par une ou deux cuillerées de psychologie à 0,30 euroballes (rapport au père, travail de deuil, blablabla....)

. Une idée de base (pénétrer les rêves pour orienter les idées inconscientes) qui se veut tellement futée que les personnages passent leur temps à expliquer ce qu'ils font, où ils sont, ce qu'ils vont faire... alors que pourtant, tout est fléché façon GPS.
Du coup, tout ça finit donc par avoir la délicatesse de Godzilla en pleine séance de shopping à Tokyo.

. A part les scènes d'actions (imbécilement spectaculaires, ce qui constituait d'ailleurs le ventre mou de the Dark Knight, le précédent opus de Nolan, bien moins foiré), ils sont où les dollars, les chouettes les effets spéciaux ? Où est la fantaisie sauvage de l'inconscient ? Dans le genre, je n'échangerais pas ma dosette de Michel Gondry (pourtant pas toujours formidable) contre un container d'Inception... 

. et le tout en 2h30 !

Bref, autant d'idées là-dedans que de truffe dans le pâte périgourdin qu'on achète au Leclerc.

A éviter absolument, donc.

 

"Inception", un film de Christopher Nolan, dont le titre, si on le prononce avec le bon accent rime sacrément avec "grosse anarque naveuteuse", mais qui a au moins eu le mérite d'être à l'origine de la plus longue critique drôle de la planète : http://odieuxconnard.wordpress.com/2010/07/28/linception-qui-confirme-la-regle/

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nolan 28/08/2010 09:39


Ah je vois que la note d'Odieux Connard que j'avais mis en lien vous a plu ! J'en profite tout de même pour préciser que d'un point de vue cinématographique, les incohérences du scénario n'influent
pas toujours voire pas souvent sur mon ressenti. Par exemple The Expendables, Knight and Day et la Guerre des Mondes (de Spielberg) sont des films bourrés d'incohérences scénaristiques. Je trouve
le premier lamentable, le second, regardable et le dernier excellent.


yoye2000 29/08/2010 19:05



L'épopée critique d'Odieux Connard est en effet formidable.


A noter aussi qu'inception, ce n'est pas les incohérences de scénario, mais de ne pas en avoir (je parle ici du scénario, pas des incohérences) : Nolan confond un peu la pseudo complexité de son
dispositif (le rêve dans le rêve gningningnin) avec un scénario... Et pis en fait, ben.... Ca ne marche pas. Mais alors pas du tout... (en toute subjectivité)