Au delà des bornes...(the limits of control)

Publié le par yoye2000

Moi, j'aime beaucoup Jim Jarmusch. Du coup, je me suis précipité voir 'the limits of control', sorti hier.
The limits of control, c'est l'itinéraire improbable et pourtant parfaitement calibré d’un Clint Eastwood lunaire et impavide dans une Espagne fantasque et hautement graphique. Ce type, c’est Isaach de Bankolé "que no habla español" (on ne lui pose plusieurs fois la question dans le film) et qui de toute façon parle peu (ça tombe bien, parce que si je me rappelle bien de Ghost Dog, il joue plutôt comme un cochon).
Quand il ne va pas au musée ou fait des exercices zen, il se balade entre Madrid et Séville (probablement sponsorisé par la Renfe, qui pour l'occasion a sorti ses plus beaux trains). Là, il va dans les bars et prend invariablement deux expressos. Il rencontre alors des personnes (des personnages? Des figures? Des métaphores ? des allégories ?), dont, en vrac, une femme nue, une cow-girl blonde décolorée au parapluie transparent, un mexicain d'opérette, Descas et Stévenin... qui lui parlent de molécules, de cinéma ou d'hallucinations pour finalement lui filer une boite d'allumettes contenant un message codé, qu'il avale instantanément.

Z'avez rien compris ? Ben moi non plus.
Au début, on se dit "d'accord, c'est métaphysique. » On pense au septième sceau, et on se demande si on a bien fait de venir. Puis on se dit "avec tous les indices qui trainent…", ça serait peut-être plus un film psychanalytique, type Mullholland Drive. On doute. Finalement on finit par venir à la conclusion que c'est un film "dada" à vague prétention surréaliste, genre l'age d'or. On est franchement sceptique.
Le problème, ce n'est pas de ne rien comprendre, c'est cette impression d'assister à un exercice de style qui oscille entre "un peu vain" et "complètement creux".
 
De fait, je me suis même très rapidement emmerdé. Mais après un court roupillon au milieu , ben j'ai apprécié ce film dont j'ai mieux perçu le côté onirique modelé par la musique et la photo. Autant dire que l'histoire  avait alors peu d'importance.

A moins que j'aie dormi tout le long, et qu'en fait, j'ai rêvé tout le film.

A celui qui serait tenté, je conseille de regarder la bande Annonce. Pas sûr qu'il y ait besoin d'aller plus loin...



Bref, a priori dispensable, mais pas forcément : c'est aussi le genre de films qui doit mûrir. Comme le vin. Soit il finit en totale piquette, soit il devient fameux.. A voir dans quelques jours ce qu'il en reste!
D'autant plus qu'on peut facilement imaginer qu'avec l'humeur adéquate (laquelle... ?) ben, ce film peut certainement sembler tout bonnement génial.
Même au niveau du ressenti, the limits of control est une énigme...

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