Leçon de pub : surtout ne jamais être négatif

Publié le par yoye2000

Dans le cadre de notre causerie consacrée à l'überscience marketing.


Aujourd'hui, Yoye2000, nvotre consultant met une fois de plus son extraordinaire perspicacité à ton service, ami marqueteur, et lève le voile sur la pub de demain.

Le slogan
("l'accroche", ca fait moins plouc) est certainement l’élément clef de la communication produit. En quelques mots, il permet d’exprimer les "valeurs" de ce produit et lui donner une identité.
Il ne m'appartient pas ici d'en dresser la chronologie ici, ni même une typologie ; tout au plus peut on souligner certaines grandes tendances :
D'abord très factuelle "des pâtes, des pâtes, oui mais des Panzani", elle glisse aussi gentiment dans l'absurde (« Novemail aie aie aie », « Gerfor et hop ») pour devenir grandiloquente et pompeuse ('Just do it", Renault créateur d'automobile").
Bref, il y a des tonnes de sites consacrés au sujet, on ne va pas s’appesantir sur les détails.

Venons-en en effet au point qui nous occupe :  En effet, il me semble avoir décelé récemment  une nouvelle tendance.
Celle du degré zéro.


Le degré zéro (de l'écriture) est un concept popularisé par Roland Barthes (2), théorisant sur l'écriture et ses évolutions. Comme il s'agissait avant tout de faire le malin, l’objet et les conclusions de la chose sont absolument imbittables. De fait, chacun l'accommode à sa sauce. La recette la plus populaire -mais pas forcément la plus fidèle à l’originale- veut que l’on ne retienne de ce "degré zéro" que le chiffre, assimilant l’expression au sans-ambition, au plus convenu, au totalement dénué d’intérêt...
Or (a priori), le degré zéro, ce n'est pas forcément le mauvais, c'est surtout le neutre, le sans affect, là où l'adéquation signifiant et signifié est la plus complète (3).

Bon… pourquoi cette péteuse (et probablement à côté de la plaque) digression ?
J'y viens.
Justement parce qu’en me baladant l'autre jour dans les rues commerçantes de Nantes, fort élégamment parées des couleurs criardes des soldes, il me semble être tombé sur un exemple même de degré zéro (absolu) de l'écriture.
Jugez-en plutôt:


La City habille les femmes nues. Le message est simple : "Madame, vous êtes à poil, vous souhaitez vous vêtir : allez donc chez City".

City sait indéniablement quel est son cœur de métier….
Ami marqueteur, anticipe la trend et toi aussi deviens précurseur !

Exemples :
"Kronenbourg / coca-cola/ Perrier, c'est quand on a soif"
"Eram vend des chaussures"
"Peugeot / Renault / BMW / Ford…. C'est pour se déplacer en voiture"
etc...

Il y a gros de pognon à se faire ! D’autant plus que c’est vite fait et facilement refourgable à plusieurs. Sacré filon et des vacances facilement gagnées en parsepctive !

Je profite de cette (modeste) chronique pour t’inciter, ami marqueteur, à consulter le formidable Le Tigre, toujours toutes griffes dehors et qui en connaît lui aussi un sacré rayon en matière de marketing




(1) Et encore, je me suis bridé. Parce que j'en ai encore des tonnes, des slogans d'époque, dans la tête
(2) http://ae-lib.org.ua/texts/barthes__le_degre_zero_de_lecriture__fr.htm
L'œuvre de Roland Barthes est généralement à classer dans le rayon « enculage de mouches ésotérique pour initiés ». Malgré tout, ne pas hésiter à consulter « les Mythologies » (1957), où Barthes s’amuse( ?) à déconstruire et à décoder les « images » de ce milieu de 30 glorieuses. 
De manière à la fois assez opportuniste et maligne, une transposition à notre époque, véritable usine de production à la chaîne de mythes, a été faite
sous la direction de Jérôme Garcin pour commémorer les 50 ans de l'édition originale .
(3) Oui je sais, je m'emballe.


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