Vendredi 3 juillet 2009
L'autre jour, alors que je m'apprêtais à brûler du bitume, je me dirige vers l'impasse privée où était garée ma rutilante Yoyemobile. Il se trouve en effet que le bourgeois avare, apparemment trop occupé à sucer le sang du peuple, ne se souciait guère du fait que l’entrée de son antre n’était plus gardée par l’habituelle barrière. Imperturbablement levée depuis quelques semaines, celle-ci semblait un mat orphelin du drapeau blanc  signant  l'acte de reddition du privilégié face à la fraternelle et égalitariste recherche de place pour sa bâgnole

Comandante Yoye2000 Arrivé devant mon engin, une bourgeoise en double file au volant de sa cathomobile king size (7 places) m'interpelle "Excusez-moi, monsieur, vous habitez ici ?"
Au lieu de suivre mon instinct et lui répondre que ça me ferait mal d'habiter dans cet air vicié de pognon, je bredouille benoîtement "Non, mais pas loin...".
La chanelisée de se lancer dans la tirade hostile du possédant  "Mais monsieur ! Vous ne pouvez pas vous garer ici. C'est privé  ! A cause de gens comme vous, je ne peux pas trouver de place alors que je suis chez moi". Un peu agacé, je lui réponds que, bien que fort marri du désagrément occasionné, je n’avais eu d’autre choix que me garer ici au vue de la pénurie de place. Malgré mon ton courtois, le chancre insiste "Mais ça n'a rien à voir,  Monsieur ! C'est privé,  ici, vous n'avez pas le droit, et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas la barrière que… !".
Une éducation stricte m’ayant profondément marquée m'empêchant de lui signaler l'endroit me semblant  le plus approprié pour loger la sus dite barrière eu égard à la situation, je lui réplique assez sèchement que cette fâcheuse discussion n’aurait pas lieu d’être si la barrière avait été réparée dans les temps.
La suceuse de sang de répondre avec un air pincé et le regard torve caractéristique du parasite "Ça serait fait bientôt, Monsieur, rassurez vous ! »
Qu'importe, n'use pas ta salive et ta belle rhétorique, Yoye2000. Monte dans ta bête de course (qui a le bon goût de rugir du premier coup...).

Deux jours après, la barrière fut à nouveau fermée.
Heureusement, connaissant le pouvoir de nuisance du bourgeois et le sachant blessé par la justesse de mon argumentation et la pureté de mon ton, j'avais garé la Yoyemobile sur le trottoir du peuple.

Le jour de la grande révolution prolétarienne, El comandante 2000 saura quel usage faire de cette barrière et qui sera la première à pendre à cette potence.


Euuuuh...Maintenant qu'on en parle... Quelqu'un a t-il des nouvelles (de la révolution prolétarienne) ?

Publié dans : Ma vie, des oeuvr(é)s
Par yoye2000 - Voir les 1 commentaires - Recommander - Ecrire un commentaire
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