Navrantes bourdieuseries...

Publié le par yoye-2000

Un peu de culture, du cinoche en l'occurrence, il y a longtemps qu'on ne s'est pas penché sur le sujet..
C'est que ça n'est pas toujours facile de trouver des films qui valent le coup. Là, incontestablement, c’est le cas...

En 2006 sortait OSS117 (le film avec Jean Dujardin), qui (re)lançait le style du pastiche parodique.
J'en avais loupé un autre dans le genre, bien plus réussi encore: "Les amitiés maléfiques".
Avec ce film, Emmanuel Bourdieu (fils de l'autre, donc) tue le père : il fait fi de la vision politique et de la lutte des classe pour consacrer toute son attention à des héritiers, (des jeunes cons rive gauche (chemise blanches, pull sur les épaules) auxquels il arrive des tas de petites aventures avant de réussir dans la vie (bien entendu : acteur de génie, écrivain...)).
Donc "les amitiés maléfiques" c'est un peu le pastiche du film "intellectuel" à la française. Sauf que le pastiche n'est pas volontaire.
A défaut du décalage, de l'ironie et de la prise de distance, on a une succession d'aphorismes miteux et de grandes considérations décérébrées sur la littérature dans une avalanches de phrases pour ne rien dire.
Mais vraiment rien.
Mais rien...

Pour faire rapide, l'intrigue : Une bande d'apprentis écrivaillons en recherche d'eux même tombent sous le charme hypnotique et la tyrannique d'un de leurs condisciples plus doué et plus brillant (trop doué et trop brillant pour finalement réussir)
Le tour de force, c'est d'arriver à faire tenir le film sans aucune intrigue ou personnages (tous sont totallement dénués de consistance, et  sont tellement improbables qu'ils n'ont même pas la solidité des archétypes), mais, encore plus fort, sans aucun sujet ou parti pris. Au final, on ne sait pas de quoi Bourdieu veut nous parler, mais on est sûr qu'il est hors sujet...
Le film a tellement du sang de navet qu'il ne parvient même pas à remplir son cahier des charges : pas de tentative de suicide,  de tentation homosexuelle, de prise de drogue ou de scène de baise dans la cuisine. On se limite a des problématiques aussi cruciales que "comment récupérer des fichiers effacés sur mon apple" ou " si on loupe son train on est retard", ou "comment faire quand on obtient le prix Médicis après que votre mère a envoyé votre manuscrit à un éditeur à votre insue", le tout en devisant bien sûr de littérature...
 Bref, tout ça m'a fait penser à du Gide période « les faux monnayeurs » (pour qui ne l'as pas lu, pas la peine de se précipiter, C'est plutôt pénible) adapté pour la télé..(tout ce pipeau pédant sur la littérature, l'élistisme de la création, les passions feutrées, plus ce langage un brin désuet (on ponctue ses phrase de "vieux", on ne dit pas "Etats Unis" ont dit "Amérique"))..

La dernière fois que je m'étais vraiment agacé après un fim , c'était pour le pedantissime "Un conte de Noël" . Je me rends compte maintenant que j'étais finalement très injuste avec ce film, qui est en comparaison un chef d'oeuvre de pertinence et de réalisme.


Pour une critique moins énervée :

http://cinema.fluctuat.net/films/les-amities-malefiques/1528-chronique-l-intello-solitaire.html

Une des curiosités des "amitiés maléfiques", c'est que l'un de ses pivots est l'œuvre Ellroy, qui pourtant n'a absolument voir avec ces couillonades en orbite autour du nombril.

Il parait qu'un nouveau bouquin "American quelque chose" est en train de sortir (pas avant fin 2009 en France).
Ca va être long...

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