Ca nous change de Sissi !

Publié le par yoye-2000

Vu hier, valse avec Bachir, docu animé (?) israélien d'Ari Folman
C'est un peu éprouvant, parfois déroutant. mais je ne suis pas sûr d'avoir beaucoup plus à en dire.

la difficulté avec les sujets "graves", c'est qu'ils ont tendance a phagocyter son support. Or, là, on donne dans le lourd, puisqu'il s'agit de revenir sur les massacres de Sabra et Chatilla,   vu par un ancien combattant amnésique qui tente, 25 ans après, de recouvrer la mémoire en interrogeant ses anciens camarades de fronts, des psy, des journalistes...

De fait, en plus de la représentation de l'enquête et parallèlement des événements,  les témoignages occupent une plvalse avec bachirace capitale puisque les personnages  sont représentés (sous forme de dessin) en train de raconter leur histoire, leurs doutes et leurs certitudes. Bien que relativement simpliste, le graphisme rend parfaitement compte de leur expression et de leur langage corporel, et surtout de leur personnalité.

Et du coup, on a affaire à un objet un peu hybride, aussi bien dans la forme que sur le fond, entre le documentaire, le dessin animé, l'installation vidéo, la fiction, le témoignage, le récit, les visions d'Israel de 1982 et de 2007, le réquisitoire, l'analyse, le clip...
Il y a de vrais choix de mise en scène, privilégiant l'onirique (ou le cauchemardesque) et le subjectif, ou plutôt l'intime, (et parfois d'infects effets graphiques a la Matrix (heureusement que c'est un dessin animé! ))  qui permettent de supporter  la pression qui monte constamment jusqu'à la fin du film, jusqu'à ce qu'elle devienne presque insoutenable, violente, obscène...
Mais est-ce vraiment le film, les images , qui sont obscènes?


Je ne sais pas trop quoi penser de ce film... un chose est sure, un film dense et puissant comme celui-ci laissent des impressions qui ne s'oublient pas facilement.
Et si Ari Folman venait d'inventer un nouveau mode de représentation du monde et de son absurdité ? en tout cas, il repousse les limites de l'expression via le médium du dessin animé

D'accord cette critique est un poil péteuse et solennelle, je le reconnais. Mais franchement, je n'ai pas pu faire autrement. apparemment, Rue 89 a eu moins de mal a structurer son approche : http://www.rue89.com/2008/05/14/valse-avec-bachir-la-memoire-disrael-en-dessin-anime

Je n'ai pas parlé du graphisme qui est vraiment particulier car il me semble qu'il mélange un tas de techniques et de styles différents...Mais je ne sais pas trop par quel bout prendre ça non plus...

Seul au cinéma, je n'ai pas eu à prendre de bière à la sortie de la salle pour parler du film. j'étais bien content, finalement, de rentrer,seul, à pied chez moi, en ruminant tout ça

C'est bien, aussi, les films qui ne se laissent pas résumer, ni enfermer dans une boite.



Ps Ah oui, j'ai oublié : il faut aller le voir !
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