Où donc siège l'âme de Franny Veen ?

Publié le par yoye-2000

Vu hier, un film pas très connu, dont la jaquette austère et un commentaire (puisque l'on parle ici d'un dévédé...) nous avertissent bien que nous sommes là en présence d'un chef d'oeuvre.
L'homme au crâne rasé (De Man die zijn haar kort liet knippen, en version originale (flamand)) est donc le film qui a
l'homme au crane rasé
marqué dans les années 60 le renouveau du cinéma belge, qui, comme tout le monde peut le constater, à part "C'est arrivé près de chez vous" et la filmographie des frères Dardenne (encore que...), s'exporte beaucoup moins bien que la BD, la chansonnette, ou la binouze.


Bref, que dire de ce film... en vrac, quelques impressions, en quelques mots,  le centre du film est la schizophrénie (je vois la vie en double, en triple...., soliloque le personnage principal à la fin) et le rève eveillé. Au point de vue esthétique, la lumière et la photo sont superbes (par exemple les scènes d'intérieur dans les couloirs).
Par contre, c'est un poil surjoué de temps en temps, et les monologues intérieurs  peuvent rendre le tout indigeste. En fait le film vaut vraiment pour certaines scènes, notamment celle du coiffeur ou de l'autopsie.

Ceci posé, c'est peu dur à décrire si on ne veut pas faire fuir tout le monde. Le noir et blanc, les silences et le discours dense, l'atmosphère trouble, les lorgnages appuyés vers la métaphysique,  les ellipses, en font un espèce de croisement contre nature entre la quatrième dimension et le nouveau roman (c'est plus une intuition qu'un point de vue argumenté)
Un avis un peu plus expert sur la question nous dit, à propos du film (sur http://www.dvdclassik.com/Critiques/homme-crane-rase-delvaux.htm) "Delvaux livre un film neurasthénique et nerveux. La beauté vivace de L’homme au crâne rasé est à combustion lente. Le film vous laisse sur le carreau, au bord de la route, perplexe. Une semaine plus tard, il vous hante encore, et toujours… ". J'aurais pas dit mieux !
Voir aussi http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1162 pour un autre point de vue.

Chef d'oeuvre, ça se discute, c'est sûr, En tout cas, le film n'est pas aussi chiant que ce que les lignes précédentes pourrait le laisser supposer (ça l'est quand même un peu, on se rassure) et il ne constitue pas forcément un mauvais choix à faire à la médiathèque (mais il faut être un peu dans l'ambiance, et avoir le cerveau disponible pour ça et pas le coca...).


Reste la question de titre... et bien, je ne sais toujours pas où elle siège, moi, l'âme de Franny Veen...
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